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Itinéraires et récits relatifs à des sorties passant du Nord au Sud par la Hesbaye, le Condroz, l'Ardenne, les Vosges, le Jura, le Chablais, le Mont-Blanc, la Vanoise, les Alpes Grées, le Piémont, Val d'Aoste, le Haut-Languedoc, la Crête ...

mardi 19 septembre 2017

Tête de Charousse et Pointe des Fires (Chablais)


     Au lendemain de l'ascension du Grammont dans le Chablais valaisan, retour en vallée d'Abondance afin de poursuivre notre exploration du secteur. Nos premières sorties y eurent lieu l'hiver : aux chalets de l'Etrye sur les contreforts du Mont de Grange et au Bord à la frontière franco-suisse. Ensuite, ce fut le Roc de Tavaneuse et le Lac des Plagnes au Sud en fin d'été, puis la Pointe d'Arvouin et le Linleu à l'Est. Cette fois, c'est vers le Nord que l'on s'oriente, dans la Zone Naturelle Protégée qui s'étend au pied des Cornettes de Bise. Cette sortie, qui se présente en partie comme un beau parcours en crête, avait en réalité déjà été entreprise 3 ans auparavant. Les conditions météorologiques étaient alors déplorables et, trempés de la tête aux pieds, nous avions renoncé à hauteur du Col d'Ugeon alors qu'il tombait des hallebardes. Fort heureusement, les choses se présentaient cette fois sous un meilleur jour et l'itinéraire initial fut quelque peu allongé. D'un dénivelé de 800 m environ, le tracé peut être parcouru en 5 à 6h.


Dent du Vélan et Pointe de Charousse sur fond de Léman

     Le parking est déjà bien encombré à notre arrivée mais l'itinéraire choisi est peu fréquenté. La montée se fait donc tranquillement dans les alpages où l'on progresse à vue jusqu'au Col d'Ugeon en territoire helvète. Ensuite, on remonte la trace qui va contourner la Dent du Vélan, avant de gagner la Tête de Charousse qui offre une belle vue sur le Léman. L'étroit sentier descend ensuite progressivement jusqu'au Col de Bise dominant le Lac de Neuteu. De là, on remonte entre les rochers par une trace qui se perd par endroits, avant d'atteindre un replat où nous tombons nez-à-nez sur une harde d'une trentaine de bouquetins. On progresse alors au mieux à flanc dans les alpages, retrouvant de temps à autre une ancienne trace balisée, pour atteindre le Col de Floray et le sentier venant du Lac de Darbon situé en contrebas. Un bref aller-retour permet de gagner la Pointe des Fires d'où on jouit d'un large panorama sur l'itinéraire parcouru, avant d'entamer la descente par une trace initialement pentue. En dépit de la saison avancée, la flore était encore bien présente sur l'ensemble du parcours.


Un aperçu de la flore

De gauche à droite et de haut en bas :


Séneçon des Alpes (Jacobaea alpina), Parnassie des marais (Parnassia palustris), Chardon décapité (Carduus defloratus subsp. defloratus), Alchémille des Alpes (Alchemilla alpina), Serratule des teinturiers (Serratula tinctoria), Liondent de Suisse (Scorzoneroides pyrenaica var. helvetica), Adénostyle à feuilles d'alliaire (Adenostyles alliariae), Gentiane champêtre (Gentianella campestris subsp. campestris), Silène commun (Silene vulgaris subsp. vulgaris), Grand boucage (Pimpinella major), Hélianthème alpestre (Helianthemum italicum),  Euphraise officinale (Euphrasia officinalis subsp. rostkoviana), Crépide orangée (Crepis aurea), Grande Astrance (Astrantia major), Gentiane ciliée (Gentianella ciliata), Rhinante velu (Rhinantus alectorolophus), Centaurée uniflore (Centaurea uniflora), Aconit napel (Aconitum napellus subsp. vulgare), Trèfle bai (Trifolium badium), Centaurée alpestre (Centaurea scabiosa subsp. alpestris), Carline caulescente (Carlina acaulis subsp. caulescens), Callune (Calluna vulgaris), Euphraise naine (Euphrasia minima), Vergerette des Alpes (Erigeron alpinus), Knautie des bois (Knautia dipsacifolia), Anthyllide vulnéraire (Anthyllis vulneraria), Euphraise hirsute (Euphrasia hirtella), Scabieuse colombaire (Scabiosa columbaria), Gentiane jaune (Gentiana lutea), Brunelle à grandes fleurs (Prunella grandiflora), Millepertuis tacheté (Hypericum maculatum), Cirse sans tige (Cirsium acaulon), Campanule à feuilles de cochléaire (Campanula cochleariifolia), Cirse très épineux (Cirsium spinosissimum), Origan (Origanum vulgare) & Lotier des Alpes (Lotus corniculatus subsp. alpinus).

Un itinéraire détaillé sera proposé ici.


Août 2017

mercredi 13 septembre 2017

Grammont, par le Lac de Taney (Chablais)

     Pour ce qui est de la météo, dire que le Chablais nous a rarement réussi est un euphémisme. En effet, à l'exception du Roc de Tavaneuse gravi sous un chaud soleil, les autres sorties furent effectuées au mieux sous la grisaille, au pire sous une pluie battante. La guigne semblait cette fois nous abandonner et, après avoir parcouru le Creux du Van et les Gorges de la Poëtta-Raisse, nous migrons donc quelque peu vers le Sud. Venant du Jura en longeant le Lac de Neuchâtel puis en contournant le Léman par l'Est, l'occasion était trop belle de parcourir la partie valaisanne du massif. Dans ces conditions, quoi de mieux que le Grammont qui domine la rive Sud du lac. On poursuit alors brièvement vers le Sud avant de remonter par une route sinueuse vers l'Ouest pour rejoindre le village de Flon. D'un dénivelé de 1100 environ, le tracé peut être parcouru en 5 à 6h.


Le Léman depuis les contreforts du Grammont

     En quittant les rives du Doubs le matin, il nous était difficile d'entamer la randonnée sous une température clémente. La montée initiale en forêt se fait néanmoins confortable, en dépit des nombreuses racines et cailloux qui tapissent le sentier. L'arrivée au Col de Taney est quelque peu surprenante, dévoilant d'un coup les chalets logés dans un cirque entourant le Lac de Taney. Ensuite, c'est la montée sous le soleil en direction du Col des Crosses par une piste qui traverse les alpages. Un petit ressaut et c'est l'arrivée sur la crête où le Léman, bien caché jusque là, nous saute littéralement au visage. Enfin, ce sont les dernières pentes herbeuses, où paissent tranquillement les troupeaux, que l'on remonte pour gagner le sommet du Grammont et profiter d'un panorama étendu sur le lac. La flore était encore bien présente en dépit d'alpages abondamment pâturés. Superbe !

Un itinéraire détaillé est proposé ici.

Août 2017

vendredi 8 septembre 2017

Gorges de la Poëta-Raisse (Jura)

     Après avoir remonté la Combe Grède pour gagner le Chasseral quelques mois auparavant dans des conditions hivernales difficiles, nous décidons de procéder d'une manière similaire en parcourant en fin d'été les Gorges de la Poëtta-Raisse en direction du Chasseron. Cette dénomination pourrait avoir comme origine latine les mots putidus et resecare qui auraient finalement signifié en patois mauvais et scie. Un endroit, probablement peu engageant donc, où aurait été implantée une scierie proche d'un cours d'eau ou un lieu où l'on pratiquait des coupes de bois. D'un dénivelé un peu inférieur à la Combe Grède, les Gorges de la Poëtta-Raisse sont également équipées de multiples câbles, passerelles et échelles qui facilitent la progression. Le tracé est évident et ne présente aucune difficulté mais il reste exposé par endroits. Il est donc à éviter par temps de pluie, les équipements en bois pouvant alors se révéler particulièrement glissants. Au préalable, il est possible de faire un crochet par la cascade et la grotte de la Sourde, chères à Jean-Jacques Rousseau qui séjourna à Môtiers à la fin du XVIIIe siècle. 


Un des multiples passages cablés dominant le torrent

     Au départ de l'abri situé à l'extrême Sud de la ville, l'itinéraire s'élève en douceur dans la forêt en remontant la piste. A plusieurs reprises le tracé traverse le ruisseau par des ponts de bois pour finalement s'engager dans l'étroite gorge et déboucher sur une clairière où est installée une table à picnic. Alors que le soleil était jusqu'ici bien présent, c'est à ce moment que le ciel se chargea brusquement et que les premiers coups de tonnerre se firent entendre. Nous décidons néanmoins de poursuivre au-delà de l'alpage de la Vaux avant de rebrousser chemin précipitamment, le ciel devenant particulièrement menaçant. Juste le temps de nous abriter à la ferme pour assister au déluge. Le chalet paraissait inoccupé mais l'alpagiste se montra finalement en entendant nos voix. S'entama alors une longue conversation sur les dégâts des orages en montagne, le maintien de l'activité en altitude, l'impact du lynx sur les populations de chamois, ... Et la pluie ne cessant pas, il proposa de nous ramener en voiture à notre point de départ. Cela aura eu au moins le mérite de nous éviter de finir trempés. Sympa !

Un itinéraire détaillé est proposé ici.

Août 2017