123Gravir/LeBlog


Itinéraires et récits relatifs à des sorties passant du Nord au Sud par la Hesbaye, le Condroz, l'Ardenne, les Vosges, le Jura, le Chablais, le Mont-Blanc, la Vanoise, les Alpes Grées, le Piémont, Val d'Aoste, le Haut-Languedoc, la Crête ...

lundi 31 juillet 2017

Roc du Vent (Beaufortain)

    Le Rocher du Vent est un joli promontoire rocheux qui domine le Lac de Roselend, près duquel nous passons de temps à autre lorsque nous nous rendons du massif du Mont-Blanc au Parc de la Vanoise et inversement. Au prix d'un modeste dénivelé de 550 m environ, on y accède par un sentier qui débute à proximité du refuge du Plan de la Lai situé le long de la route reliant au Sud le Cormet de Roselend au lac du même nom. On peut également entamer la montée depuis les abords du Lac de la Gittaz situé au Nord-Ouest à une altitude légèrement inférieure. Mais le site abrite une Via Ferrata qui peut constituer une alternative d'ascension. On en rejoint le point de départ en 3/4h environ depuis le refuge par un sentier étroit et pentu qui serpente dans les alpages au-delà du chalet de la Plate. Côté AD, le parcours comprend de nombreux barreaux, un pont de singe et un tunnel à traverser au retour pour nous ramener sur l'itinéraire de randonnée (ne pas oublier la frontale !), le tout entrecoupé de sentiers escarpés.

Lac de Roselend depuis le tracé de la Via Ferrata

     Après les pluies diluviennes de la veille, entre les deux sorties au Rocher de la Sècheune timide embellie semblait se dessiner et nous optons pour la Via Ferrata du Roc du Vent. Mais à mesure que nous remontons la route sinueuse qui se dirige vers le Cormet de Roselend, le ciel s'assombrit de plus en plus au point de distiller quelques gouttes lorsque nous sortons de voiture. Nous entamons néanmoins la montée vers le point de départ de la voie en nous disant qu'il sera encore temps d'aviser. La situation se stabilise et nous nous lançons, le rocher paraissant relativement sec. A défaut de nous offrir des larges perspectives, la brume qui nous entoure rend l'atmosphère véritablement magique. Et pour ne rien gâcher, le ciel s'ouvre brutalement à l'approche du sommet, découvrant ainsi le Lac de Roselend qui s'étire en contrebas. Mais nous ne trainons pas en chemin et rentrons juste à temps au refuge avant un nouveau déluge. Cette Via Ferrata constituait une première, preuve qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire ...

Juillet 2017

vendredi 28 juillet 2017

Rocher de la Sèche (Vanoise)

    Les mauvaises prévisions météo qui nous avaient fait renoncer au Mont Rose se révèleront exactes et cette journée de fin de mois de juin s'annonce en effet bien maussade. Une randonnée est néanmoins organisée à la hâte après l'ascension de la Grande Sassière et l'escalade de la Tête de la Balme les jours précédents. Nous prenons donc la direction du Vallon de Champagny déjà arpenté à plusieurs reprises, été comme hiver, notamment pour effectuer le Tour de la Vallaisonnay, gravir la Pointe de la Vélière ou rejoindre le Refuge de la Glière. L'objectif est cette fois plus modeste puisque, en dépit des 1000 m de dénivelé, il consistera à gagner les hauteurs de l'alpage du Lécheron par un sentier évident. Deux possibilités s'offrent ensuite : soit traverser au mieux le torrent à Froide Fontaine, poursuivre vers le Nord en direction du Passage de la Frête et progresser quelque peu sur la crête de Chapendu, soit s'orienter vers l'Est par une sente initialement bien marquée pour atteindre une gouille et gagner ensuite le point le plus haut du Rocher de la Sèche. Les conditions météo nous conduiront finalement à parcourir les deux itinéraires lors de deux sorties distinctes.


Face Nord de la Grande Casse depuis le sommet 

     Le ciel est bien chargé et une fine pluie s'invite momentanément au départ de Champagny-le-Haut. Nous passons rapidement à côté du chalet du Lécheron, Noëlle pointant le bout du nez en entendant les aboiements de son chien. La pluie reprend mais le ciel semble se dégager partiellement et nous décidons donc de poursuivre. Arrivée à Chapendu sous un soleil qui ne fera malheureusement qu'une brève apparition, avant que de sombres nuages ne s'amoncèlent à nouveau. Retour au Lécheron et poursuite de la descente pour être rattrapé cette fois par une pluie diluvienne qui ne nous épargnera pas. Le coin vaut néanmoins le détour et une nouvelle visite est programmée dès le retour d'un temps plus clément. Ce sera le cas deux jours plus tard et c'est sous un chaud soleil que nous remonterons les pentes pour nous rendre au Rocher de la Sèche. On y jouit d'un superbe panorama sur les sommets qui dominent d'Est en Ouest le Vallon de Champagny : la Grande Motte, la Grande Casse, la Grande Glière et le Grand Bec. La flore abondante et diversifiée s'accompagne d'un cortège de papillons parmi lesquels l'Apollon et le Machaon. Superbe ...


Un aperçu de la flore
De gauche à droite et de haut en bas :

Lin des Alpes (Linum alpinum), Orchis alpestre (Dactylorhiza alpestris), Joubarbe des montagnes (Sempervivum montanum), Tofieldie à calicule (Tofieldia calyculata), Potentille dorée (Potentilla aurea), Pensée des Alpes (Viola calcarata), Orchis globuleux (Traunsteinera globosa), Luzule blanc de neige (Luzula nivea), Bistorte (Bistorta officinalis), Serpolet (Thymus serpyllum), Liondent hispide (Leontodon hispidus), Vesce des bois (Vicia sylvatica), Antennaire dioique (Antennaria dioica), Linaigrette à feuilles étroites (Eriophorum angustifolium), Digitale à grandes fleurs (Digitalis grandiflora), Gentiane de Koch (Gentiana acaulis), Potentille à grandes fleurs (Potentilla grandiflora), Orchis moucheron (Gymnadenia conopsea), Alchémille des Alpes (Alchemilla alpina), Centaurée uniflore (Centaurea uniflora), Minuartie à feuilles de mélèze (Minuartia laricifolia subsp. laricifolia), Trèfle alpin (Trifolium alpinum), Géranium des forêts (Geranium sylvaticum), Nigritelle noirâtre (Gymnadenia rhellicani subsp. rhellicani), Euphorbe petit-cyprès (Euphorbia cyparissias), Trèfle rouge (Trifolium rubens), Trèfle de montagne (Trifolium montanum), Raiponce à feuilles de bétoine (Phyteuma betonicifolium), Raiponce ovale (Phyteuma ovatum), Anémone soufrée (Anemone alpina subsp. apiifolia), Pédiculaire du Mont Cenis (Pedicularis cenisia), Listère à feuilles ovales (Listera ovata), Salsifi des prés (Tragopogon pratensis subsp. pratensis) & Joubarbe à toile d’araignée (Sempervivum arachnoideum).

Un itinéraire détaillé est proposé ici.

Juin 2017

jeudi 20 juillet 2017

Tête de la Balme (Beaufortain)

    Au lendemain de la Grande Sassière, les prévisions météo à moyen terme n'étant pas meilleures, nous avons opté pour une journée d'escalade. Le secteur choisi fut celui du Refuge de la Balme pour y gravir la Tête du même nom située au pied de la Pierra Menta. Une première pour quelqu'un plus accro aux courses de neige, d'arêtes ou mixtes, où l'usage des crampons prend le pas sur celui des chaussons. La course cotée AD consiste en une succession de dalles inclinées et de ressauts plus raides. La voie de 200 m environ comporte 11 longueurs et a été équipée, ce qui permet de limiter le matériel à emporter. Elle se raidit progressivement à mesure que l'on progresse pour finir sous le sommet par un passage en 5a, avant de gagner une arête qui vient buter sur la Pierra Menta. La journée s'annonçait belle et nous n'avons donc pas trainé à gagner les hauteurs de la Cote d'Aime jusqu'à l'extrémité de la route au Sud-Est du Mont Rosset.


Tête de la Balme sur fond de Pierra Menta 

     Du parking, on emprunte la longue piste et le GR5 qui conduit au Refuge de la Balme. Petit arrêt pour discuter avec le gardien, prendre un café et c'est reparti vers le Nord en direction du Col de Bresson. On quitte rapidement la piste pour traverser le torrent de l'Ormente et emprunter une sente qui se dirige vers le Sud-Ouest et le Col de la Charbonnière. Au-delà de la Tête de la Balme, une vague trace dans la végétation remonte droit dans les courbes de niveau et permet d'atteindre le cairn indiquant le départ de la voie. Le temps de s'équiper et c'est parti pour un enchaînement de longueurs. Un seul mot vient à l'esprit : ludique ! Du sommet, on entame la descente à travers des éboulis instables puis un amas de blocs avant de poursuivre à vue dans les alpages et regagner le chemin de montée. Repas au refuge suivi d'un arrêt photo devant un magnifique Lis orangé et terminer on ne peut mieux une sortie dans le Beaufortain qui ne restera pas sans suite.

Juin 2017

mardi 11 juillet 2017

Aiguille de la Grande Sassière (Alpes Grées)

    Comme souvent en montagne, la météo dicte sa loi à laquelle il convient de nous conformer. En cette fin du mois de juin, la canicule qui a sévi pendant plusieurs jours rendait délicates les courses d'alpinisme à des altitudes modérées. Aussi, afin de trouver des conditions plus favorables au-delà de 4000m, pourquoi ne pas se tourner vers le Massif du Mont Rose que nous avions pu observer précédemment depuis le Passo del Monte Moro. Malheureusement, une période de forte instabilité était annoncée et il ne paraissait pas prudent de nous engager. L'évolution des conditions les jours suivants nous donnera raison. Nous nous sommes alors tournés vers d'autres activités de montagne modulables au jour le jour : randonnée alpine, course mixte, escalade et via ferrata. La montagne regorge en effet de possibilités. En guise de première sortie, direction laGrande Sassière dont nous avions parcouru la réserve naturelle précédemment. Avec un denivelé avoisinant les 1500 m et une altitude dépassant les 3700 m, nul doute qu'il ne fallait pas trainer pour en entamer l'ascension.


Massif du Mont-Blanc depuis le sommet de la Grande Sassière 

     Réveil très matinal donc et départ peu après 5h par un sentier qui grimpe droit dans les courbes de niveau. Les conditions sont optimales tant au niveau de la température que du terrain. Après une large boucle en direction de la Grande Combe et le passage furtif de quelques bouquetins et chamois, on entame le tracé qui parcourt l'ensemble de l'arête, avec des ressauts successifs, dont la montée finale par une trace instable. Le panorama au sommet est exceptionnel, étalant sous nos yeux quelques-uns des sommets que nous avons eu l'occasion de gravir précédemment, notamment en face Nord lorsque les conditions de neige étaient favorables : la Tsanteleina et la Grande Aiguille Rousse à nos pieds, le Mont Pourri et la Grande Casse plus à l'Ouest et, au loin, la Grande Ciamarella et le Grand Paradis. Au Nord, le Dôme des Glaciers, le Mont-Blanc et les Arêtes de Rochefort. Le froid se fait alors ressentir et on entame la descente de l'arête rocheuse pour atteindre le glacier et rejoindre plus bas l'itinéraire emprunté à la montée. Retour dans les rocailles puis les alpages abondamment fleuris. Mémorable !


Un aperçu de la flore
De gauche à droite et de haut en bas :


Renoncule des glaciers (Ranunculus glacialis), Véronique buissonnante (Veronica fruticans), Scutellaire des Alpes (Scutellaria alpina), Minuartie printanière (Minuartia verna), Joubarbe des montagnes (Sempervivum montanum), Gentiane ponctuée (Gentiana punctata), Pédiculaire du Mont Cenis (Pedicularis cenisia), Anémone du Mont Baldo (Anemone baldensis), Orchis brûlé (Neotinea ustulata), Saxifrage à feuilles opposées (Saxifraga oppositifolia), Arnica (Arnica montana), Valériane à trois folioles (Valeriana tripteris), Trolle (Trollius europaeus), Gentiane printanière (Gentiana verna), Azalée naine (Kalmia procumbens), Dryade à huit pétales (Dryas octopetala), Saxifrage à deux fleurs (Saxifraga biflora), Benoîte rampante (Geum reptans), Anthyllide vulnéraire (Anthyllis vulneraria), Sainfoin des Alpes (Hedysarum hedysaroides), Orchis grenouille (Coeloglossum viride), Renouée vivipare (Polygonum viviparum), Biscutelle commune (Biscutella laevigata), Bartsie des Alpes (Bartsia alpina), Hélianthème alpestre (Helianthemum italicum var. alpestre), Raiponce orbiculaire (Phyteuma orbiculare),  Trèfle alpin (Trifolium alpinum), Pédiculaire de Kerner (Pedicularis kerneri), Soldanelle des Alpes (Soldanella alpina), Pensée des Alpes (Viola calcarata), Orchis mâle (Orchis mascula), Antennaire dioique (Antennaria dioica), Séneçon doronic (Senecio doronicum), Orchis vanille (Gymnadenia rhellicani subsp. rhellicani), Silène acaule (Silene acaulis subsp. exscapa) & Céraiste à une fleur (Cerastium uniflorum).

Un itinéraire détaillé est proposé ici.

Juin 2017