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Itinéraires et récits relatifs à des sorties passant du Nord au Sud par la Hesbaye, le Condroz, l'Ardenne, les Vosges, le Jura, le Chablais, le Mont-Blanc, la Vanoise, les Alpes Grées, le Piémont, Val d'Aoste, le Haut-Languedoc, la Crête ...

jeudi 6 avril 2017

Réserve Naturelle de Modave (Condroz)

     Dominant de plus de 50 m le Hoyoux, un affluent de la Meuse, le Château de Modave fut édifié au XIIIe siècle. Il perdit son aspect féodal lors de travaux de restauration effectués au XVIIe siècle et qui s'inspiraient de l'architecture en vogue sous Louis XIV. Il appartient actuellement à une société de distribution d'eau qui en exploite le captage en sous-sol. Un vaste domaine préservé s'étend aux abords du domaine sur plus de 400 ha et abritent une très grande variété de sites naturels ou semi-naturels. La faune et la flore sont abondantes et diversifiées, abritant quelques espèces rares notamment de fougères et de chauves-souris. Plusieurs lambeaux de pelouses calcaires ont échappé à la reforestation durant le XXe siècle et abritent diverses espèces d'orchidées comme l'Ophrys abeille. Des fouilles archéologiques menées notamment au Trou Al'Wesse témoignent d'une occupation par l'Homme qui remonte à près de 50.000 ans.


Pelouse calcaire sur les hauteurs du Hoyoux

     Le château et son parc sont facilement accessibles depuis le parking tout proche et quelques centaines de mètres à pied suffisent alors pour en faire le tour. Ensuite, tout est permis ou presque puisque la zone Natura 2000 qui couvre le domaine s'étend bien au-delà du seul site de Modave. Lors de cette première visite du secteur, nous avons opté pour un parcours en boucle de plus de 20 km. Une brève montée en forêt par un étroit sentier fut suivie d'une rapide visite des jardins du château, étonnamment vides en ce matin de printemps. Puis, ce fut la traversée de la pelouse calcaire et la descente vers le Hoyoux. S'ensuivit alors un long cheminement à travers les bois, les prairies et les hameaux aux maisons de pierre, en empruntant sentiers, pistes forestières et routes de campagne interrompues ça et là par des passages à gué. Avec le sentiment étrange, bien qu'en étant non loin de chez nous, de nous trouver ailleurs ...

Avril 2017

samedi 1 avril 2017

Cirque et Col du Génépy (Vanoise)

    Le Cirque du Génépy se situe au fond du Vallon de Chavière, pratiquement à égale distance du col du même nom permettant de gagner la Maurienne et du hameau des Prioux. Il est dominé, au nord par le Roc du Blanchon, à l'Est par les Dômes et le Glacier du Génépy et, au Sud par le Col du Génépy, lequel se prolonge par la Crête de l'Argentine. Bien visible du GR55 que l'on emprunte pour rejoindre le refuge de Péclet-Polset, on y accède facilement l'été depuis les Prioux en passant par les chalets de Montaimont au prix d'un denivelé de 600 m environ. Pour accéder au col, il faut ajouter plus de 500 m de dénivelé en empruntant une crête morainique à la pente soutenue par endroits et progresser ensuite parmi les éboulis. L'hiver, rejoindre le cirque s'avère plus exigeant puisque la route d'accès au départ de Pralognan est fermée. De plus, le secteur est réputé avalancheux et la plus grande prudence est donc de mise.


Cirque, Dômes, Glacier et Col du Génépy

     A l'écart du GR55, le Cirque du Génépy est un endroit bien plus sauvage que la large piste empruntée par les très nombreux randonneurs se rendant au Lac Blanc. Nous l'avons parcouru à plusieurs reprises lors de randonnées estivales et hivernales, de même qu'au retour d'un trek d'alpinisme qui nous avait mené en 3 jours de Tarentaise en Maurienne. Du cirque, on rejoint le Col du Génépy en poursuivant sur le sentier qui se dirige vers l'Alpage du Ritort en contournant la Pointe Ariande. On le quitte cependant très vite pour remonter plein Sud en droite ligne dans les courbes de niveau. Une fois atteint le col, on redescend brièvement sur l'autre versant pour rejoindre en contrebas un petit lac sans nom, d’où on jouit d’une belle vue sur le Glacier de Gébroulaz, le Dôme de Polset et l’Aiguille de Péclet. C'est dans les alpages sous ce col que l'occasion nous a été donnée d'apercevoir une harde de chamois au retour de la Pointe de l'Observatoire.


Vallon de Chavière, Montaimont, Dôme de Polset, Lac du Génépy, Doron de Chavière

     Un aperçu de la flore (de gauche à droite et de haut en bas) :


Joubarbe à toile d'araignée (Sempervivum arachnoideum), Campanule à feuilles de cochléaire (Campanula cochleariifolia), Saxifrage étoilée (Saxifraga stellaris), Linaire des Alpes (Linaria alpina), Solidage alpestre (Solidago virgaurea subsp. alpestris), Epiaire hérissée (Stachys pradica), Saxifrage faux orpin (Saxifraga aizoides), Petite Astrance (Astrantia minor), Myosotis des Alpes (Myosotis alpestris), Piloselle des glaciers (Hieracium glaciale), Pédiculaire du Mont Cenis (Pedicularis cenisia), Séneçon blanchâtre (Senecio incanus), Antennaire dioique (Antennaria dioica), Colchique des Alpes (Colchicum alpinum), Aconit paniculé (Aconitum variegatum subsp. paniculatum), Orchis alpestre (Dactylorhiza alpestris), Saule réticulé (Salix reticulata), Armérie des Alpes (Armeria alpina), Bistorte (Bistorta officinalis), Gentiane jaune (Gentiana lutea), Géranium des forêts (Geranium sylvaticum), Epilobe en épi (Epilobium angustifolium), Campanule barbue (Campanula barbata), Primevère hirsute (Primula hirsuta), Céraiste des champs (Cerastium arvense), Pédiculaire verticillée (Pedicularis verticillata), Biscutelle commune (Biscutella laevigata), Crépide orangée (Crepis aurea), Centaurée uniflore (Centaurea uniflora), Pseudorchis blanc (Pseudorchis albida), Arabette des Alpes (Arabis alpina), Sainfoin montagnard (Onobrychis viciifolia subsp. montana), Véronique des Alpes (Veronica alpina), Joubarbe des montagnes (Sempervivum montanum), Benoîte des montagnes (Geum montanum) & Raiponce hémisphérique (Phyteuma hemisphaericum).


Quelques espèces observées entre les Prioux et le Col du Génépy

Un itinéraire détaillé est proposé ici.

Août 2010