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Itinéraires et récits relatifs à des sorties passant du Nord au Sud par la Hesbaye, le Condroz, l'Ardenne, les Vosges, le Jura, le Chablais, le Mont-Blanc, la Vanoise, les Alpes Grées, le Piémont, Val d'Aoste, le Haut-Languedoc, la Crête ...

dimanche 25 octobre 2015

Dent du Villard et Crête du Mont Charvet (Vanoise)

     Culminant à 2284 m, la Dent du Villard est un des premiers sommets que l'on aperçoit lorsque remonte la route menant à Pralognan et Champagny. Située à l'opposé des Dents de la Portetta, elle prolonge vers le Nord la Crête du Mont Charvet dont elle possède les caractéristiques géologiques. Comme le Petit Mont Blanc, toutes deux sont en effet formées presque entièrement de gypse, ce qui en explique la couleur. Elle s'est accumulée à cet endroit sur une épaisseur de plusieurs centaines de mètres durant le Trias, une période géologique remontant à plus de 200 millions d'années. D'origine sédimentaire, le gypse possède la propriété de se dissoudre dans l’eau, ce qui explique les nombreuses dépressions entre lesquelles le sentier balisé parvient à se faufiler, parfois de manière un peu plus exposée. Même si l’itinéraire ne présente pas de réelle difficulté, la prudence est donc de mise pour les personnes sujettes au vertige.


Dent du Villard depuis Champagny-en-Vanoise

      La Crête du Mont Charvet et la Dent du Villard sont le plus souvent considérées comme deux sorties distinctes. Aussi, la traversée de la première s'effectue ordinairement au départ du lieu-dit le Plan à Pralognan-la-Vanoise. Quant à la seconde, son ascension débute habituellement au Lac de la Rosière situé à proximité de Courchevel. Si l'option choisie est de combiner les deux, le point de départ idéal se situe au hameau de la Croix. On remonte alors en direction des chalets de la Montagne, d'où on gagne le Col de la Grande Pierre par une pente soutenue. Là, on s'oriente vers le Nord pour suivre la crête en direction du Col de la Dent, puis du Col de la Chal et entamer la montée en direction de la Dent du Villard. On rebrousse ensuite chemin pour rejoindre le Col du Golet, le domaine du Pin à crochets, une espèce montagnarde de l'étage subalpin. On entame alors la descente pour rejoindre le sentier emprunté à la montée et regagner la Croix.

Août 2010

Quelques photos illustrant cette sortie sont visibles ici.


mardi 6 octobre 2015

Pointes du Dard et de la Réchasse (Vanoise)

     S'il est une course d'alpinisme d'initiation à pratiquer en Vanoise, c'est bien celle-là : dénivelé modeste, altitude raisonnable et absence de difficulté technique en font en effet une randonnée glaciaire à la portée de beaucoup. Ambiance garantie avec nuitée en refuge, départ à la frontale, cramponnage et ... panorama sur les Glaciers de la Vanoise et sur la Grande Casse. Attention cependant car cela reste de la haute montagne avec son lot d'aléas, notamment climatiques, qui peuvent vite transformer une sortie a priori sans histoire en une aventure hasardeuse. Notre première visite de ce secteur glaciaire remonte à plusieurs années et la sortie s'était alors déroulée dans des conditions optimales. La situation fut bien différente lors d'une sortie ultérieure, les nuages ayant soudainement envahi le glacier. Bilan : orientation à la boussole et panorama totalement absent. Plus récemment, alors que nous empruntions le Couloir Messimy pour gravir la Grande Casse par cette voie, nous avons pu apercevoir en contrebas un phénomène identique. De retour au refuge, les candidats à l'ascension nous ont évidemment fait part de leur déception.


Pointe de la Réchasse et Pointe du Dard

      Comme souvent en Vanoise - c'est ce qui fait notamment le charme de ce massif - une sortie d'alpinisme commence par la montée à pied au refuge. Dans le cas présent, il convient d'emprunter le GR55 qui conduit des Fontanettes au Refuge du Col de la Vanoise, en passant par le Lac des Vaches et en contournant l'Aiguille de la Vanoise. Construit en 1902, ce plus ancien refuge du Parc a vu l'ajout d'éléments modulaires dans les années '70 pour accroître sa capacité d'accueil. Cette structure a été remplacée en 2014 par un refuge flambant neuf à même d'accueillir une centaine de personnes dans des conditions de confort grandement améliorées. Du refuge, en remontant dans les pierriers, on gagne au petit matin l'épaule de la Réchasse. Ensuite, c'est la longue traversée du Glacier de la Roche Ferran, face au Mont Pelve, pour atteindre la Pointe du Dard par l'Est. Au retour, il est possible depuis l'épaule de gravir la Pointe de la Réchasse par une courte ascension rocheuse. Ensuite, retour vers le col qui apparaît en pleine lumière cerné de toutes parts par divers sommets comme la Pointe du Creux Noir, la Pointe de la Grande Glière et, bien entendu, le plus haut sommet de la Vanoise.

Août 2009

Quelques photos illustrant ces sommets sont visibles ici.


vendredi 2 octobre 2015

Grand Bec (Vanoise)

     En Vanoise, les villages de Pralognan et de Champagny sont séparés par une chaîne rocheuse qui s'étire d'Est en Ouest depuis l'Aiguille de l'Epena. C'est là que s'élève le Grand Bec qui en est l'élément le plus élevé. Par cette position privilégiée, il offre au Sud un panorama très étendu en direction du Vallon de Chavière et des sommets qui le bordent : Petit Mont-Blanc et Péclet-Polset à droite, Grand Marchet et Glaciers de la Vanoise à gauche, pour ne citer que ceux-là. Au Nord s'étirent le Sommet de Bellecôte, le Mont Pourri et au loin la chaîne du Mont-Blanc. Au départ du refuge du Plan des Gouilles, la voie d'ascension la plus classique emprunte le Glacier de Troquairou. Cette course de neige est considérée comme peu difficile, avec des pentes qui n’excédent pas 30°. Il est cependant possible d'en accroître sensiblement la difficulté en y ajoutant la traversée du Glacier des Volnets puis celle de la Pointe du Vallonnet, une arête rocheuse bien exposée par endroits.

Grand Bec et ses glaciers, depuis le Vallon de Champagny

      La montée au refuge en fin d'après-midi est rapide. La soirée se passera agréablement en compagnie du gardien et de quelques-uns de ses amis; la nuit sera tranquille car nous sommes les seuls alpinistes ce soir-là. Le départ est matinal comme toujours en pareil cas. La brume inonde la Vallon de Champagny et le jour se lève peu à peu, puis tout s'illumine soudainement sous la Pointe du Vallonnet. La traversée de l'arête se poursuit sans encombre, d'abord rocheuse puis en neige, jusqu'à finalement atteindre le sommet du Grand Bec. Le retour se fait en empruntant la Voie Normale d'ascension pour rejoindre le refuge et y prendre un bon repas en profitant du soleil de midi. Ensuite, c'est la descente vers la vallée pour gagner le refuge du Laisonnay. Elle sera longue car la flore est tellement abondante et diversifiée que les arrêts "photo" se succèdent sans relâche. Une bonne nuit de repos et c'est le départ le lendemain matin pour le refuge du Mont Pourri en prévision de son ascension.

Un aperçu de la flore

De gauche à droite et de haut en bas :

Pseudorchis blanc (Pseudorchis albida), Saxifrage faux bryum (Saxifraga bryoides), Géranium des forêts (Geranium sylvaticum), Joubarbe des montagnes (Sempervivum montanum), Bartsie des Alpes (Bartsia alpina), Véronique à feuilles de serpolet (Veronica serpyllifolia), Homogyne des Alpes (Homogyne alpina), Androsace à feuilles obtuses (Androsace obtusifolia), Orpin alpestre (Sedum annuum), Antennaire dioïque (Antennaria dioica), Benoîte rampante (Geum reptans), Marguerite des Alpes (Leucanthemopsis alpina), Bistorte (Bistorta officinalis), Pensée des Alpes (Viola calcarata), Rhododendron ferrugineux (Rhododendron ferrugineum), Benoîte des montagnes (Geum montanum), Myosotis des Alpes (Myosotis alpestris), Airelle rouge (Vaccinium vitis-idaea), Laitue des Alpes (Cicerbita alpina), Saxifrage à deux fleurs (Saxifraga biflora), Alchémille des Alpes (Alchemilla alpina), Véronique fausse paquerette (Veronica bellidioides), Potentille dorée (Potentilla aurea), Arabette des Alpes (Arabis alpina), Bugle rampante (Ajuga reptans), Orchis moucheron (Gymnadenia conopsea), Renoncule des glaciers (Ranunculus glacialis), Valériane à trois folioles (Valeriana tripteris), Arnica (Arnica montana), Silène acaule (Silene acaulis subsp. exscapa), Silène des rochers (Atocion rupestre), Raiponce du Piémont (Phyteuma globulariifolium sp. pedemontanum), Adénostyle à feuilles d’Alliaire (Adenostyles alliariae), Saxifrage à feuilles rondes (Saxifraga rotundifolia), Gentiane printanière (Gentiana verna) & Trèfle alpin (Trifolium alpinum).

Juin 2009

Quelques photos illustrant cette sortie sont visibles ici.