123Gravir/LeBlog


Itinéraires et récits relatifs à des sorties passant du Nord au Sud par la Hesbaye, le Condroz, l'Ardenne, les Vosges, le Jura, le Chablais, le Mont-Blanc, la Vanoise, les Alpes Grées, le Piémont, Val d'Aoste, le Haut-Languedoc, la Crête ...

mercredi 23 juillet 2014

Chasseron (Jura)

     Chose promise, chose due. En ce début d'été, nous sommes enfin parvenus à trouver une date pour organiser ce week-end dans le Jura à la demande de quelques amis. Ce sera donc à nouveau un retour à Aubonne, petit village du Doubs situé dans un secteur déjà fréquenté en hiver et au printemps. Le programme ne fut cependant pas simple à organiser en raison d'une météo annoncée mauvaise, en particulier le dimanche. Nous nous efforcerons donc de jouer à cache-cache avec les nuages tout en effectuant des sauts de moutons par-dessus la frontière. Nous nous organisons par conséquent pour arriver en fin d'après-midi afin d'effectuer dès vendredi une petite sortie sur les hauteurs des Gorges de la Loue. Au menu de samedi, ce sera le Chasseron situé dans le Jura Vaudois. Et la journée de dimanche sera finalement consacrée à un rapide saut au sommet du Suchet (1588 m) avant un retour par les berges du Doubs et la visite surprise d'une réserve naturelle près du Lac de Biaufond. Hormis le soleil qui s'est fait quelque peu prier, la faune et la flore étaient bien présentes, avec à la clé quelques belles découvertes.


Chasseron et Roches Blanches depuis le Crêt de la Neige 

     Le Chasseron est un sommet calcaire situé dans le canton de Vaud et culminant à 1606 m d'altitude. Il domine au Nord la haute vallée de la Dénériaz et la crête des Roches Blanches (1470 m) et au Sud le plateau suisse s'étendant à perte de vue vers le Lac de Neuchâtel, le Léman et les Alpes. L'itinéraire classique débute au Col des Etroits, voire au départ de l'un ou l'autre chalet accessible par des chemins carrossables si l'on opte pour une distance réduite. Nous choisirons comme à l'accoutumée un tracé plus tortueux empruntant tour à tour piste, sentier, crête et alpage, par des pentes parfois soutenues, sur un parcours et un dénivelé atteignant respectivement 15 km et 800 m environ. La flore omniprésente est riche de nombreuses espèces, en particulier le Lis martagon particulièrement abondant. Les marmottes se montreront discrètes à l'inverse des papillons. Et comme ce fut déjà le cas en divers endroits, nous avons fait une rencontre insolite : le proprétaire d'un chalet nous a gentiment proposé de déguster l'Absinthe qu'il prépare à base de diverses plantes, en particulier l'Armoise. Un vrai régal !

Grand Suvagnier, Chasseron, Roches Eboulées et Roches Blanches, Point géodésique, Dénériaz

     Un aperçu de la flore (de gauche à droite et de haut en bas) :

Digitale jaune (Digitalis lutea), Lis martagon (Lilium martagon), Ancolie commune (Aquilegia vulgaris), Epervière velue (Hieracium villosum), Grande Astrance (Astrantia major), Gaillet à feuilles inégales (Galium anisophyllon), Campanule à feuilles de cochléaire (Campanula cochleariifolia), Orchis vanille (Gymnadenia rhellicani subsp. rhellicani), Millepertuis tacheté (Hypericum maculatum), Knautie des bois (Knautia maxima), Raiponce en épi (Phyteuma spicatum), Gentiane jaune (Gentiana lutea), Chardon décapité (Carduus defloratus), Germandrée des montagnes (Teucrium montanum), Aconit napel (Aconitum napellus subsp. vulgare), Chardon bardane (Carduus personata), Aconit tue-loup (Aconitum lycoctonum subsp. vulparia), Orchis moucheron (Gymnadenia conopsea), Orchis maculé (Dactylorhiza maculata), Renoncule à feuilles de platane (Ranunculus platanifolius), Raiponce orbiculaire (Phyteuma orbiculare), Solidage verge-d'or (Solidago virgaurea subsp. virgaurea), Grande Pimprenelle (Sanguisorba officinalis), Saxifrage à feuilles rondes (Saxifraga rotundifolia), Adénostyle à feuilles d'alliaire (Adenostyles alliariae), Campanule agglomérée (Campanula glomerata), Orpin blanc (Sedum album), Silène penché (Silene nutans), Bistorte (Bistorta officinalis), Verâtre blanc (Veratrum album), Campanule à feuilles de pêcher (Campanula persicifolia), Alchemille à folioles soudées (Alchemilla conjuncta), Œillet des Chartreux (Dianthus carthusianorum subsp. carthusianorum), Hélianthème à grandes fleurs (Helianthemum grandiflorum), Compagnon rouge (Silene dioica) & Cirse laineux (Cirsium eriophorum).


Quelques espèces observées aux abords du Chasseron

Juillet 2014



dimanche 20 juillet 2014

Aiguille du Goléon et Glacier Lombard (Ecrins)

     Après plusieurs années passées à arpenter les Pyrénées et avant de remonter progressivement vers le Nord en passant par la Vanoise, nous avons quelque peu musardé dans le Mercantour et dans le Queyras avant de gagner les abords des Ecrins. Etonnamment, c'est un massif que nous avons peu fréquenté, non seulement en alpinisme, où le bilan se résume pratiquement à une sortie au Glacier Blanc et au Pic de Neige Cordier, mais aussi en randonnée. Quelques belles sorties néanmoins comme au Lac de l'Eychauda à l'Est, au Plateau d'Emparis au Nord, une jolie boucle entre Le Lac de Lauvitel et le Lac de la Muzelle à l'Ouest et ... une traversée à la nage - en largeur évidemment - du Lac de Serre-Ponçon au Sud. Sans oublier l'Aiguille du Goléon par le Glacier Lombard, même si ce sommet se situe en réalité dans les Grandes Rousses. Culminant à 3427 m face à la Meije et au Glacier de la Girose, il peut être atteint au départ du parking de Pré Rond (1874 m) situé au Nord-Est de La Grave.


Levant sur la Meije, depuis le sentier menant au Lac du Goléon

     A l'époque, l'ancien Refuge Carraud n'était plus en activité et le Refuge du Goléon situé près du lac n'existait pas encore. Bref, à moins de bivouaquer, il ne restait pas d'autre solution que de se lever aux aurores pour avaler les 1500 m de dénivelé. Hormis les derniers lacets sous le Greppon, la montée vers le Lac du Goléon est pratiquement rectiligne. Après avoir contourné le lac par la gauche, on s'enfonce vers le Nord-Ouest dans le Vallon de Maurian à nouveau par un tracé initialement rectiligne. Finalement, on laisse sur la droite la combe qui conduit au Col Lombard au Nord et on se dirige vers la gauche pour prendre pied sur le Glacier Lombard. On remonte celui-ci rive gauche en amorçant une large boucle vers le Sud-Ouest pour rejoindre, à gauche du Bec Grenier, l'arête rocheuse que l'on suit sans difficulté jusqu'au sommet. Nous y avons croisé un guide encordé à son client et dans le même temps un autre à la retraite qui emmenait son petit-fils comme on part en promenade. Bon sang ne saurait mentir ...

Juillet 2014

mardi 15 juillet 2014

Réserve Biologique du Petit Mont Blanc (Vanoise)

     Plusieurs Réserves Naturelles Nationales aux spécificités variées bordent le Parc National de la Vanoise. Ainsi en est-il à l'Est de la Grande Sassière (2233 ha) qui abrite nombre d’espèces protégées au pied de la Tsanteleina. Ou encore à l’Ouest, le Plan de la Tueda (1112 ha) occupé en partie par une vaste forêt de Pins Cembro et que l'on traverse pour accéder aux Lacs du Mont Coua. Le secteur renferme également des Réserves Biologiques Dirigées (RBD) de taille plus réduite. Sur le territoire de Bozel, celle de la Dent du Villard (309 ha) abrite quelques espèces remarquables comme le Sabot de Vénus. Egalement créée en 1999, celle située dans la Forêt Domaniale du Petit Mont Blanc est constituée d’une mosaïque d’habitats naturels (forêts, landes, éboulis, pelouses, …). A l’inverse des Réserves Biologiques Intégrales (RBI) où la forêt est rendue à une évolution naturelle, la RBD du Petit Mont Blanc vise la conservation de la biodiversité du site par le biais de suivis et d’études (inventaire de la faune et de la flore, notamment) et d’actions de gestion (entretien, signalétique, pâturage, …).


Réserve biologique du Petit Mont Blanc

     La manière la plus aisée de parcourir la Réserve Biologique du Petit Mont Blanc est de remonter la route conduisant de Pralognan-la-Vanoise au hameau des Prioux. Du parking, il suffit alors d'emprunter brièvement le GR55 qui s'enfonce dans le vallon de Chavière, franchir vers la droite le pont enjambant le Doron, suivre le sentier qui grimpe en direction du Col du Mône et du Petit Mont Blanc et bifurquer ensuite à nouveau deux fois vers la droite pour regagner les Prioux. Le dénivelé et la distance modestes de cette boucle, avoisinant respectivement les 200 m et 3 km, en font une sortie idéale à pratiquer en famille. Mais rien n'empêche de partir directement du village en suivant en partie le tracé emprunté l'hiver en raquette pour se rendre au refuge du Roc de la Pêche et qui passe par la Chollière et le pont de Gerlon. En ce qui nous concerne, la flore et la (micro)faune y sont ordinairement visitées lors de l'un ou l'autre moment libre entre 2 cours d'alpinisme et observer notamment les Lis de Saint-Bruno et autres Lis martagon, 2 espèces remarquables protégées dans diverses régions.

Une sélection de quelques photos est visible ici.

Juin 2014


mercredi 9 juillet 2014

Pointe du Creux noir (Vanoise)

     En jouant à cache-cache avec les nuages, nous sommes finalement parvenus à réaliser 2 belles ascensions en fin de mois de juin, en dépit d'une météo perturbée : le Mont Tondu dans le massif du Mont-Blanc suivi de la Grande Casse par le Couloir Messimy en Vanoise. La fin de semaine ne s'annonçait initialement guère favorable mais les dernières prévisions semblaient suggérer une amélioration. Aussi, au sortir des Grands Couloirs, la décision fut prise de rester une nuit supplémentaire au refuge du Col de la Vanoise afin de gravir le lendemain la Pointe du Creux NoirOrdinairement peu fréquentée l'été en raison d'une altitude modeste (3154 m), cette course paraît assez logiquement délaissée au profit de sommets plus attractifs. Pratiquée en début de saison, elle présente cependant de nombreux attraits. Outre un caractère mixte bien marqué, elle offre depuis le sommet un superbe panorama sur le massif de la Vanoise. De plus, lorsque les conditions sont favorables, elle permet de redescendre directement vers le Lac de la Patinoire situé en contrebas en effectuant ainsi une jolie boucle.


Pointe du Creux noir, à l'arrière-plan à droite

     Le programme s'est donc décliné comme suit: de retour au refuge, une petite pause désaltérante sur la terrasse face à la Grande Casse, puis un bon repas sous un ciel encore largement ensoleillé, avant une courte sieste réparatrice. L'après-midi, visite tranquille d'un secteur pourtant bien connu pour enregistrer tout ce qui passait devant l'objectif (fleurs, oiseaux, marmottes ...). Le matin, réveil à 4h pour un départ en direction du Lac des Vaches avant de rejoindre le Col Rosset puis le Col Noir où nous apercevons des chamois perdus dans la brume. Nous entamons alors la montée dans un pente herbeuse avant de pénétrer dans un couloir rocheux. Le cheminement n'est pas toujours évident mais se révèle assez ludique. Nous débouchons ensuite sur des dalles en pente qui nous permettent de rejoindre l'arête que nous remontons vers le Nord. Petit rappel, croupe neigeuse puis rocher délité nous conduisent alors au sommet. Nous amorçons ensuite la descente, raide dans un premier temps, en direction du Lac de la Patinoire pour rejoindre le GR55 après 5h et 800 m de dénivelé environ.

Une sélection de photos est visible ici.

Juin 2014



samedi 5 juillet 2014

Mont Tondu (Mont-Blanc)

     En cette fin de mois de juin, la température avoisinait les 35° aux abords de Bourg-Saint-Maurice et de gros orages étaient prévus en fin d'après-midi. Dans ces conditions, inutile de dire que l'idée de passer la nuit en montagne fut abandonnée. La décision a donc été prise de partir aux aurores et d'entamer directement l'ascension sans passer par la case refuge. Dès lors, que faire pour occuper valablement l'après-midi ? Une balade floristique, pardi ! Direction donc Notre-Dame-du-Pré, un petit village situé sur les contreforts du Mont Jovet. Les alpages et les sous-bois sont abondamment fleuris en cette période de l'année et les orchidées sont bien présentes pour peu que l'on y prête attention. L'endroit est totalement désert et il se dégage une étonnante impression de tranquilité, juste avant la tempête. Comme annoncé, les orages éclateront peu après, offrant un magnifique arc-en-ciel en direction du Sommet de Bellecôte. 


Mont Tondu et Glacier des Lanchettes

     Réveil à 5h pour un départ initialement prévu vers 6h, mais il peut toujours. Petit conciliabule : on patientera 1h. La situation se calme quelque peu et nous remontons donc la route menant à la Ville des Glaciers située dans la Vallée des Chapieux, où nous sommes accueillis par un temps brumeux et frais. Nous entamons la progression en direction du Col du Mont Tondu, d'abord par un sentier de randonnée, avant de remonter la moraine, puis emprunter un passage délicat équipé d'un cable. Ensuite, une arête rocheuse qui s'étire sur près d'1 km, très exposée par endroits, nous conduira au Pain de Sucre, puis au sommet du Mont Tondu que nous atteindrons vers midi. Retour jusqu'au col par le glacier mais sans avoir à chausser les crampons, la neige étant ramollie en raison de l'heure tardive. Le soleil multipliera alors ses apparitions lors de notre retour en vallée après 6h et 1200 m de dénivelé environ.

Une sélection de quelques orchidées de Notre-Dame-du Pré est visible ici.

Juin 2014