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Itinéraires et récits relatifs à des sorties passant du Nord au Sud par la Hesbaye, le Condroz, l'Ardenne, les Vosges, le Jura, le Chablais, le Mont-Blanc, la Vanoise, les Alpes Grées, le Piémont, Val d'Aoste, le Haut-Languedoc, la Crête ...

mardi 16 mai 2017

Réserve Naturelle de Viesville (Sillon Sambro-Mosan)

    Il est des endroits que l'on ne foulerait pour rien au monde ou presque et qui se révèlent finalement bien attrayants. Ainsi en est-il de la Réserve Naturelle de Viesville. Située à un jet de pierre d'une métropole au riche passé industriel, en bordure de canal et non loin de l'autoroute, qui aurait pu penser au premier abord qu'elle puisse être digne d'intérêt ? Quelle erreur ! Le site est accessible par de petites routes de campagne et on n'aperçoit pas la moindre trace d'industrie le long du cours d'eau, dont le chemin de halage a été intégré au Réseau Autonome des Voies Lentes (RAVeL). La réserve s'étend sur plus de 50 ha et comprend des biotopes variés : dépressions humides, friches, bois, prairies de fauche de basse altitude ainsi qu'une zone sableuse riche en orchidées. L'avifaune et la lépidofaune sont bien diversifiées et la flore n'est pas en reste.


A la confluence du canal et du ruisseau de Tintia

     Que faut-il de plus qu'une matinée libre et un ciel bleu pour poursuivre la découverte des réserves naturelles de nos régions ? Un petit bout de carte pour cheminer au mieux dans les sentiers, l'incontournable appareil photo, un saut dans la voiture et c'est parti ! A la piste initiale succède un étroit sentier qui monte et descend le long des talus, contourne la vaste prairie où se pratique une agriculture extensive, descend vers le ruisseau de Tintia avant de rejoindre les abords du canal pour serpenter ensuite dans quelques zones de moindre étendue. Le Silène fleur de coucou est bien présente dans les pelouses, l'Aspérule odorante en sous-bois et la Listère à feuilles ovales, une discrète orchidée, non loin du ruisseau. Quant à la Dame-d'onze-heures, elle était - comme son nom l'indique - invisible au petit matin avant de s"épanouir au retour.


Mai 2017

jeudi 6 avril 2017

Réserve Naturelle de Modave (Condroz)

     Dominant de plus de 50 m le Hoyoux, un affluent de la Meuse, le Château de Modave fut édifié au XIIIe siècle. Il perdit son aspect féodal lors de travaux de restauration effectués au XVIIe siècle et qui s'inspiraient de l'architecture en vogue sous Louis XIV. Il appartient actuellement à une société de distribution d'eau qui en exploite le captage en sous-sol. Un vaste domaine préservé s'étend aux abords du domaine sur plus de 400 ha et abritent une très grande variété de sites naturels ou semi-naturels. La faune et la flore sont abondantes et diversifiées, abritant quelques espèces rares notamment de fougères et de chauves-souris. Plusieurs lambeaux de pelouses calcaires ont échappé à la reforestation durant le XXe siècle et abritent diverses espèces d'orchidées comme l'Ophrys abeille. Des fouilles archéologiques menées notamment au Trou Al'Wesse témoignent d'une occupation par l'Homme qui remonte à près de 50.000 ans.


Pelouse calcaire sur les hauteurs du Hoyoux

     Le château et son parc sont facilement accessibles depuis le parking tout proche et quelques centaines de mètres à pied suffisent alors pour en faire le tour. Ensuite, tout est permis ou presque puisque la zone Natura 2000 qui couvre le domaine s'étend bien au-delà du seul site de Modave. Lors de cette première visite du secteur, nous avons opté pour un parcours en boucle de plus de 20 km. Une brève montée en forêt par un étroit sentier fut suivie d'une rapide visite des jardins du château, étonnamment vides en ce matin de printemps. Puis, ce fut la traversée de la pelouse calcaire et la descente vers le Hoyoux. S'ensuivit alors un long cheminement à travers les bois, les prairies et les hameaux aux maisons de pierre, en empruntant sentiers, pistes forestières et routes de campagne interrompues ça et là par des passages à gué. Avec le sentiment étrange, bien qu'en étant non loin de chez nous, de nous trouver ailleurs ...

Avril 2017

mercredi 15 mars 2017

Le Soliat (Jura)

     Culminant à 1464 m d'altitude, le Soliat n'est pas à proprement parler un sommet. Il s'agit en fait du point le plus haut des alpages qui dominent le Creux de Van, un cirque rocheux de plus d'1 km de large situé dans le Jura vaudois. Par sa position sur les hauteurs du Lac de Neuchâtel, il offre néanmoins un panorama étendu sur la chaîne des Alpes. Le Soliat est aisément identifiable par la présence à son sommet d'une croix, de quelques bancs et d'une table d'orientation. En saison estivale, il est aisément accessible depuis la Ferme du Soliat située un peu plus au Nord. L'hiver en revanche, la sortie "raquette" devra être entamée au départ de la Ferme Robert, voire un peu plus bas si la route d'accès est fermée en raison de l'enneigement.


Au pied du Soliat sur fond de chaîne des Alpes
     Lors d'une précédente sortie dans le secteur, le Soliat avait été atteint après avoir parcouru la crête dominant le Creux du Van par l'Ouest. Cette fois, nous avons opté pour un tracé plus direct qui serpente à l'Est au cœur du cirque avant de gagner la crête par le Sentier du Single. Alors que le denivelé se réduit à moins de 100 m au départ de la Ferme du Soliat, il atteint cette fois 500 m environ et la pente est parfois accusée au point que kes pointes avant ne furent pas inutiles en l'un ou l'autre endroit. Après le sommet, la descente s'effectue en parcourant alpages et forêts en pente douce en direction de la Ferme Robert. Neige épaisse au menu mais ni chamois, ni bouquetin, en dépit de très nombreuses traces. Ce sera pour une prochaine fois ...

Février 2017

samedi 4 mars 2017

Dent de Vaulion (Jura)

     La Dent de Vaulion culmine à un peu moins de 1500 m d'altitude au sein du Parc Naturel Régional du Jura vaudois. Ce sommet est sans nul doute celui auquel on accède le plus rapidement en traversant la frontière franco-suisse au départ de Pontarlier. Pour s'y rendre, on franchit la faille de La Cluse et Mijoux, en empruntant la route qui se glisse au pied du Fort de Joux dont l'histoire s'étale sur plus de 10 siècles. Comme le Mont Tendre situé un peu plus au Sud-Ouest, la Dent de Vaulion domine le Lac Brenet, ainsi que le Lac de Joux qu'on longe brièvement avant d'entamer la montée en direction du Col de Mollendruz. Deux parkings distants d'environ 1 km, dont celui de Pétra-Felix, permettent de stationner aisément afin de s'équiper en toute tranquillité.


Signal géodésique de la Dent de Vaulion sur fond de chaîne des Alpes

     Une première ascension de la Dent de Vaulion avait eu lieu quelques années auparavant lors d'une journée où il ne fallait pas mettre un randonneur dehors. Froidure, grésil et vent nous ont en effet accompagné durant toute la sortie et un abri de fortune fut des plus utiles lorsqu'il s'est agi de nous restaurer. Rien de pareil cette fois où le soleil fut de la partie dès le lever du jour. Alors que la précédente sortie fut effectuée au aller-retour, nous avons cette fois opté pour une jolie boucle qui monte en forêt pratiquement en droite ligne vers le sommet. En dépit d'une fréquentation importante au sommet due à un dénivelé modeste, l'isolement fut total au retour grâce à de larges zigzags effectués dans les alpages. Avec, en prime, un Lynx aperçu brièvement. Quelle magnifique région !

Février 2017

mercredi 22 février 2017

Chasseral (Jura)

     Après avoir dû faire l'impasse l'année précédente, retour à Aubonne pour effectuer l'une ou l'autre sortie "raquette" dans le Jura suisse. La neige étant tombée avec parcimonie durant l'hiver, nous appréhendions quelque peu les conditions mais il n'en sera finalement rien. Le premier objectif est le Chasseral qui, à l'inverse des secteurs arpentés précédemment, se situe dans le Canton de Berne. Il culmine à un peu plus de 1606 m, soit une altitude inférieure à celle du Chasseron de quelques dizaines de centimètres seulement. Le Chasseral est situé au centre du Parc Naturel Régional du même nom et domine le Lac de Bienne qui s'étend au Sud-Est. Aisément reconnaissable par la présence au sommet d'une station de télécommunication et facilement accessible l'été par la route depuis le Col du Chasseral, il constitue un lieu fort fréquenté en raison du panorama étendu qu'il offre sur la chaîne des Alpes. Mais ce sommet peut également être atteint depuis la vallée, notamment en empruntant la Combe Grède, une réserve naturelle où chamois et marmottes furent réintroduits voici plus de 50 ans.

Le Chasseral et son antenne de télécommunication

     Ayant fait la route le matin-même, ce n'est qu'en toute fin de matinée que le départ fut donné en direction de la Combe Grède. Cette fissure qui coupe la montagne en direction du Chasseral est équipée de multiples passerelles, échelles et autres câbles. Le soleil éclaire initialement la piste forestière avant de disparaître lorsque la trace se réduit. Outre les éventuelles chutes de pierres auxquelles il faut être attentif, l'endroit devient tout-à-coup plus austère. La progression s'avère également plus délicate en raison de la présence de nombreux passages étroits et entièrement verglacés. Nul doute que cette voie d'accès n'est pas à mettre sous toutes les semelles en conditions hivernales. Ensuite, depuis le Pré aux Auges, l'itinéraire se poursuit en pente douce en contournant le Petit Chasseral par l'Est avant de gagner le sommet du Chasseral non loin du signal géodésique. Le retour s'effectuera en parcourant les alpages et forêts qui s'étendent de part et d'autre de la Combe Grèdepour terminer sous les étoiles après un quinzaine de kilomètres et un dénivelé de 850 m environ.

Février 2017